Marc Leduc, traducteur / translator

Archives de la catégorie ‘Niveau marin’

Estimation des émissions de CO2 causées par la dégradation des écosystèmes côtiers

Les écosystèmes côtiers —marais maritimes, mangroves et herbiers— couvrent sur la planète une superficie de 49 millions d’hectares. Ces zones de production végétale constituent aussi d’importants réservoirs de carbone terrestres dont le volume n’a cependant pas été estimé avec exactitude à ce jour.

Amorcée depuis longtemps mais s’accélérant dans l’histoire récente, la conversion de ces habitats au profit du développement rural et urbain a eu pour conséquence concomitante une perte massive du carbone accumulé. Des chercheurs soupçonnent que certaines phases d’émission ont pu libérer jusqu’à 50 fois plus de gaz à effet de serre par rapport à la séquestration annuelle nette dans ces réservoirs.

Plusieurs mètres de sédiments organiques enrichis en carbone sont emprisonnés sous les écosystèmes côtiers dans un milieu à faible teneur en oxygène qui prévient leur décomposition.  Ces stocks de carbone seraient plusieurs fois plus abondants que ceux d’autres écosystèmes terrestres.

Selon les auteurs de l’étude, les perturbations subies par les écosystèmes côtiers en raison de l’activité humaine —agriculture, aquaculture, surexploitation forestière, activité industrielle, barrages amont, dragage, eutrophisation des eaux sus-jacentes, urbanisation et élévation du niveau marin— se traduiraient par la fourchette d’émissions de CO2 suivante :  0,15 à 1,02 milliards de tonnes de CO2 annuellement. L’estimation médiane de 0,45 milliards de tonnes correspond aux émissions annuelles totales du Royaume-Uni et la plus élevée à celles du Japon.

Pendleton L, Donato DC, Murray BC, Crooks S, Jenkins WA, et al. (2012) Estimating Global “Blue Carbon” Emissions from Conversion and Degradation of Vegetated Coastal Ecosystems. PLoS ONE 7(9): e43542. doi:10.1371/journal.pone.0043542

http://bit.ly/Pt2fI8

Marc Leduc, translator/traducteur

La calotte glaciaire Antarctique Ouest plus sensible que l’on ne croyait ?

Un article récent paru dans Geophysical Research Letters confirme que la contribution du continent Antarctique à l’élévation du niveau marin lors du dernier interglaciaire (période désignée Eémien, env. 125 000 ans) était importante, voire plus élevée que les estimations précédentes, puisque les auteurs ont en fait chiffré à la baisse la proportion attribuable à l’expansion thermique des océans.

D’après les plus récentes évaluations, le niveau marin à cette époque aurait été d’au moins 6,6 mètres supérieur à l’actuel avec un maximum moins probable de 9,2 m, admettons donc une médiane à 7,8 m. Or ces chiffres ont de quoi ébahir si l’on considère aussi que la température annuelle moyenne à cette époque n’aurait été supérieure que de 1 à 2 degrés à l’actuelle, toujours d’après les estimations les plus récentes. Cette élévation de la température est imputable surtout à des paramètres orbitaux, excentricité et obliquité de la Terre par rapport au soleil.

Il faut donc supposer qu’une longue exposition des calottes glaciaires à des températures semblables ou légèrement supérieures à l’actuelle entraîne leur fonte massive. Il semble que les modèles aient sous-estimé la sensibilité de la calotte de l’Antarctique Ouest dans les simulations. Or un léger réchauffement des courants océaniques auraient un impact appréciable sur l’ablation du front immergé de la marge glaciaire. Une explication voudrait aussi que l’allongement des étés ait été un facteur déterminant au pôle Sud.

Sources:
Contribution de l’expansion thermique :http://europa.agu.org/?view=article&uri=/journals/gl/gl1114/2011GL048280/2011GL048280.xml&t=gl,2011,mckay

Évaluation de l’élévation du niveau marin à l’Eémien :
http://www.princeton.edu/geosciences/people/maloof/pdf/Kopp2009b.pdf

Marc Leduc, translator / traducteur